La pente naturelle

Le rapport au sol, mis en œuvre lors de l’implantation du bâti, c’est aussi la définition de notre rapport au jardin, à la rue, au paysage.

Se poser les bonnes questions

  • La solution envisagée me permet-elle un accès facile des véhicules ? Un accès facile à mon jardin ?
  • Comment limiter les mouvements de terrain ?
  • Comment ma construction va-t-elle s’inscrire dans le paysage ?

Faire des contraintes de topographie un atout

La topographie est un élément déterminant de tout projet de construction. Que le terrain soit plat ou en pente, on peut en tirer parti, sans chercher automatiquement à le niveler pour retrouver une plateforme plane.
En montagne, les terrains constructibles sont le plus souvent en pente plus ou moins prononcée. Comment tirer parti de la topographie et la forme du terrain pour implanter sa maison ? La construction dans une pente n’impose pas toujours de terrassement. Les remblais et les déblais sont à minimiser, afin d’en maîtriser le coût et de respecter la structure naturelle du terrain. Chaque  type  d’implantation  présente  ses  avantages  et  ses  contraintes.  Le  choix  d’une attitude déterminera en grande partie l’organisation et la volumétrie du bâtiment.

Il existe quatre types d’implantation :

  • en surplomb, décollée du sol en porte-à-faux ou perchée sur des pilotis
  • en cascade, avec succession de niveaux ou de demi-niveaux suivant le degré d’inclinaison
  • encastrée, voire semi-enterrée
  • posée sur un plat terrassé

Les enjeux d’une insertion réussie

Le relevé topographique est indispensable pour optimiser les cheminements et les accès des véhicules, afin de limiter les murs de soutènement et les rampes trop pentues.  La gestion de la voiture sur des terrains à forte pente est complexe. Idéalement, on regroupe un espace de stationnement à proximité directe de la rue.

  • Eviter de nombreux aléas de chantier grâce à un relevé précis du terrain.
  • Privilégier des aires de stationnement en bordure de voie directement accessibles depuis le bâtiment principal ou ses annexes (coût moins élevé, neige).

Terrain plat : éviter les effets taupinières

Le garage en sous-sol est peu adapté aux terrains plats. On privilégiera des solutions de garage accolé ou en annexe à rez-de-chaussée, directement accessible depuis le terrain naturel.

Constituer des pentes sur un terrain plat augmente le risque d’inondation des garages en sous-sol et complique les accès (en particulier des personnes à mobilité réduite).

Dans la pente : s’adapter aux courbes de niveau

Les niveaux de plancher sont à concevoir selon le terrain naturel pour optimiser les relations directes entre les espaces intérieurs et extérieurs.

Créer des accès de plain-pied à chaque niveau du bâtiment.

zoom, respecter le relief naturel du terrain

Tout bon projet devrait s’adapter à la topographie d’un terrain et non l’inverse.  Dans la majorité des cas, le terrain naturel avant opération et le terrain fini après chantier devraient être exactement les mêmes. L’enjeu est d’adapter les constructions aux pentes et non de transformer la topographie d’un site. Cependant, des terrasses peuvent être imaginées si elles permettent la création d’espaces de vie, de cultures.

Eviter les remblais et les décaissés de terrain

L’enjeu est de conserver la structure du terrain naturel. Les aménagements créés doivent être des espaces extérieurs accessibles et aux pentes praticables. Des mouvements massifs des sols, une habitation en fort surplomb, un terrain mis à nu marquent fortement le paysage.

Proscrire tous mouvements de terrains permet d’économiser des frais de chantier et de transport, tout en limitant l’impact environnemental global de la construction.

S’articuler avec le terrain naturel

On peut réutiliser des remblais et déblais en évitant de constituer des talus sans destination. Créer des terrasses successives en continuité du terrain naturel, séparées par des murets, permet d’utiliser pleinement le jardin, contrairement aux talus.

Un terrain en terrasses ralentit le ruissellement des eaux.

Construire dans la pente

Frohmuhl, apprivoiser un versant pentu : Cette construction s’accroche à la rue pour libérer en contrebas une vaste prairie. De sa situation en surplomb, les habitants dominent la vallée. Le jeu des volumes tout en longueur permet de bien adapter la construction au terrain naturel.

Une maison contempraine lancer dans la pente
architecte : Claire Keller

Et dans le permis de construire ?

Chaque terrain est caractérisé par une topographie particulière, qui détermine le projet de construction qui s’y implante. L’objectif est de respecter la pente naturelle du site. Ceci se traduit essentiellement dans la coupe d’insertion paysagère (en indiquant les niveaux du terrain naturel et du terrain fini), et dans une perspective d’intégration paysagère.

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