Histoire
Cette ancienne ferme du XVIIe siècle est situé à Imbsheim, commune de 600 habitants au sud de Bouxwiller, dans le Bas-Rhin.
Cet ancien village fortifié se distingue par son unité architecturale remarquablement conservée. Les fermes cour sont représentatives du Pays de Hanau : cours fermées sur les quatre côtés, par des corps de bâtiment et par un mur de clôture, aveugle, à pans de bois ou en grès. L’accès se fait par deux ouvertures, une porte charretière de grande hauteur et une porte piétonne. L’art de la pierre de taille et du bois sculpté s’exprime à travers ces patrimoines.
Cette ferme construite en proue, à l’angle de deux rues, offre un aspect simple et austère au regard du promeneur. Ce n’est qu’après être entré par la porte piétonne, sous le corps de passage, qu’il découvre ses richesses architecturales, autour d’une cour intimiste. L’ensemble a connu des modifications successives entre le XVIIe et le XIXe siècle, cependant son implantation actuelle est identique à celle du plan cadastral de 1830. Logis, dépendances avec étables, grange et porcherie, existaient alors. L’une des granges a été construite au XXe siècle, sur l’ancien verger.


En bref :
- Localisation : Imbsheim
- Date : logis XVIIe siècle remanié au XVIIIe siècle et en 1811
- Typologie : maison cour
- Matériaux : pan de bois sur rez-de-chaussée en maçonnerie de moellons calcaire avec encadrements de grès

Le mot du propriétaire :
Pourquoi cette maison ?
Un véritable coup de cœur ! La dimension de l’ensemble (modeste pour un corps de ferme au centre du village mais à l’échelle des propriétaires) convenait parfaitement au programme. La structure bois en chêne était en bon état ainsi que les toitures et seules quelques poutres ont dû être remplacées. C’était pour les propriétaires une façon de poursuivre l’histoire de cette maison. L’intimité des espaces extérieurs en cœur de village leur a beaucoup plu.
Pourquoi l’éco-rénovation ?
Réhabiliter en cœur de village plutôt que construire du neuf est une manière de s’inscrire dans une histoire, de la prolonger, de faire de la contrainte un élément de création. Ce projet permet de maintenir l’identité villageoise par conservation et réappropriation du bâti ancien
Les orientations du projet :
Programme :
Créer le logement des propriétaires dans l’ancien logis, et leurs lieux de travail dans les dépendances
Enjeux patrimoniaux :
- Garder intacte l’image générale de l’ancienne ferme, la lisibilité des volumes, et les témoins de savoir-faire anciens
- Mettre en valeur les spécificités patrimoniales : fenêtres à meneaux, à chambranle saillant sculpté, croix de saint André, baie en arc
- Reconstituer certains éléments de façade, encadrement en grès par exemple
- Mettre en valeur la structure du pan de bois et de la charpente à l’intérieur
Enjeux techniques et de développement durable :
- Conservation de l’ossature à pan de bois et mise en valeur de la charpente
- Finitions : crépis à la chaux sur la dépendance, huisseries bois
- Une cour « en sauvageonnée » : repliée sur elle-même la cour n’en accueille pas moins la biodiversité et résonne de chants d’oiseaux. Les semis spontanés de myosotis, de sauge sclarée, de roses trémières, de menthe, d’angélique sylvestre mais aussi d’aspérule et d’ail des ours dans les recoins ombragés servent de tapis vert qui progressivement envahit la cour. Un arbre de Judée dont les mésanges adorent les graines offre une ombre supplémentaire en été alors qu’une vigne de raisins de table dégouline plein sud sur la façade intérieure et sert de rideau végétal saisonnier.





Épilogue
Aujourd’hui, l’ensemble, vu depuis la rue ou la cour, apparaît inchangé. Les modifications contemporaines se découvrent en franchissant la porte du logis et des granges.Les espaces bas de plafonds et les petites pièces à vivre ont laissé place à de grands volumes en double hauteur, organisés en patio. La lumière zénithale baigne le rez-de-chaussée, et magnifie le pan de bois et la charpente d’origine. Les espaces intérieurs contrastent, par leur touche contemporaine, avec l’aspect patrimonial extérieur.
La cour et l’ancien verger sont devenus des écrins de verdures, aménagés en espaces de détente. La grange la plus ancienne vient d’être réhabilitée en atelier d’artiste. Et, une fois l’ancienne porte de grange fermée par-dessus la baie vitrée, rien ne transparaît depuis la rue, de la créativité de ces espaces qualitatifs


