Un air sain dans un bâtiment sain

Comprendre les risques de la pollution de l’air intérieur

Pourquoi la qualité de l’air est essentielle ?

Dans les bâtiments anciens, l’air intérieur peut être plus pollué que l’air extérieur. On passe plus de 19 heures par jour à l’intérieur et inhale environ 12 000 litres d’air quotidiennement. Une mauvaise qualité de l’air affecte directement la santé des occupants, en particulier celle des enfants, et peut être en lien avec une mauvaise préservation des patrimoines bâtis.

D’où viennent les polluants dans nos maisons ?

L’air intérieur peut être plus pollué que l’air extérieur, souvent sans qu’on le sache. Voici les principales sources de pollution à surveiller :

  • Les matériaux de construction (peintures, colles, traitements du bois, etc.) libèrent des substances nocives dans l’air.
  • Les meubles et produits d’entretien (nettoyants, désodorisants, etc.) contiennent des composés chimiques irritants.
  • Les polluants invisibles (radon, amiante, plomb, monoxyde de carbone) s’accumulent dans les espaces mal aérés.
  • Les activités du quotidien (cuisine, ménage, bricolage) génèrent des particules ou de l’humidité excessive.
  • Les contaminants biologiques (moisissures, bactéries, pollens) se développent dans les pièces humides ou mal ventilées.

Pourquoi est-ce un problème ?

Ces polluants peuvent affecter notre santé :

  • Irritations, allergies, maux de tête.
  • Aggravation de l’asthme ou des problèmes respiratoires.
  • Risques graves (intoxications, cancers) en cas d’exposition prolongée.

Les démarches préalables avant rénovation pour optimiser la qualité de l’air

Comment concilier rénovation du bâti ancien et qualité de l’air intérieur ?

Avant de commencer les travaux, détectez les sources potentielles de polluants et préparer le chantier pour protéger les occupants et le bâtiment.

1. Diagnostiquer les espaces

  • Détectez la présence d’amiante et de plomb, surtout dans les bâtiments construits avant 1997 (amiante) et 1949 (plomb).
  • Évaluez le risque lié au radon, en fonction de la zone géographique et de la structure géologique des sols.
  • Identifiez les sources d’humidité et les matériaux à risque, comme le PCB, le lindane ou la créosote.

2. Préparer le chantier

  • Confinez et protégez le site en utilisant des barrières physiques, une ventilation adaptée et un contrôle strict des accès.
  • Gérez la dépose des matériaux polluants en les humidifiant, en les aspirant et en les éliminant de manière sécurisée.
  • Calfeutrez les réseaux et équipements pour éviter toute contamination pendant les travaux.

Ces étapes permettent de sécuriser le chantier et de préserver la santé des occupants ainsi que l’intégrité du bâti patrimonial.


Mener des travaux pour un air sain

Se faire accompagner par un maître d’œuvre et des entreprises sensibilisées

Pour réussir une rénovation qui favorise la création d’espaces sains, appuyez vous sur des professionnels conscients des enjeux.

Comment concevoir et mener une rénovation du patrimoine qui améliore le confort et la performance du bâtiment tout en préservant durablement la qualité de l’air intérieur ?

Articulez la conception bioclimatique, la maîtrise des ponts thermiques, la gestion des remontées capillaires, le choix raisonné des matériaux et des systèmes de chauffage/ventilation adaptés.

Architecture bioclimatique adaptée au patrimoine

  • Optimisez l’ensoleillement et la ventilation naturelle en utilisant des ouvertures bien placées et des matériaux à forte inertie thermique comme la terre crue ou le bois.
  • Prévoyez une ventilation naturelle et passive, comme un puits provençal ou une surventilation nocturne.

Choix des matériaux et procédés

  • Privilégiez le réemploi et les matériaux inertes, tels que la pierre, la brique, le verre ou le carrelage.
  • Sélectionnez des produits à très faibles émissions de COV, étiquetés A+. et utilisez des isolants adaptés à votre patrimoine et aux risques à maitriser.

Optimisation du chantier

  • Respectez les temps de séchage et coordonnez les lots techniques.
  • Stockez les matériaux dans des zones couvertes, ventilées et limitez la production de poussières ou en externalisant certaines fabrications.

Maîtriser les risques d’humidité

  • Réparez les réseaux défectueux, prévenez les infiltrations et les ponts thermiques, traitez les remontées capillaires et améliorez l’étanchéité autour des ouvertures.
  • Utilisez des matériaux perspirants et hygrovariables.

Équipements pour se chauffer sans étouffer

  • Optez pour un chauffage basse température, comme des planchers chauffants ou des radiateurs à eau, et des foyers fermés avec une prise d’air extérieur.
  • Installez une ventilation simple ou double flux avec récupération de chaleur et entretenez régulièrement les filtres.

Ménager les espaces à fort enjeux

  • Pour les ateliers, chaufferies et garages, assurez une ventilation efficace, une aspiration des poussières et un stockage sécurisé des produits.
  • Pour les chambres d’enfants, utilisez des matériaux et produits à faible émission et aérez régulièrement.
  • Pour les caves et espaces humides, ventilez efficacement et contrôlez le radon.
  • Pour les plantations, choisissez des plantes hypoallergéniques et évitez les espèces invasives.

Aller plus loin et garantir la qualité de l’air

Vous êtes le premier acteur de la qualité de l’air de votre espace de vie

Une bonne aération et un entretien adapté permettent de préserver la qualité de l’air intérieur.

Contrôle et indicateurs

  • Mesurez régulièrement l’humidité relative (entre 40 et 60 %) et le taux de CO₂ (inférieur à 1000 ppm) à l’aide d’hygromètres et de capteurs.
  • Un suivi régulier garantit l’efficacité des travaux et préserve le bâti patrimonial.

Bonnes pratiques quotidiennes

  • Aérez régulièrement, même en hiver.
  • Nettoyez à la vapeur et utilisez des produits d’entretien non toxiques.
  • Évitez les parfums d’ambiance et les lingettes nettoyantes.

Maintenance

  • Entretenez les systèmes de chauffage et de ventilation.
  • Remplacez les filtres et contrôlez régulièrement les installations.

Ressources et acteurs clés

  • Consultez des organismes comme l’OQEI, l’ADEME, ATMO France ou l’ARS pour obtenir des conseils et des informations fiables.
  • Faites appel à un maître d’œuvre ou à un coordinateur SPS pour garantir la qualité des interventions.

Protéger la qualité de l’air intérieur est essentiel pour la santé des occupants et la durabilité du patrimoine. En combinant des matériaux adaptés, des techniques respectueuses et une maintenance rigoureuse, créez des bâtiments anciens sains, confortables et durables.

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