Ferronneries

Les éléments de ferronneries soulignent sobrement la richesse architecturale du patrimoine bâti. Ces détails de construction sont liés à la protection des ouvertures, au maintien de certains éléments et à des mécanismes de fermetures. Les savoir-faire se rapportant à l’art de travailler le métal sont les métiers de ferronnerie, de quincaillerie et de serrurerie.

Evolution et techniques

Le fer

Extensible et malléable, le fer peut être modelé sans avoir à être fondu. Pour pouvoir obtenir de bonnes propriétés mécaniques, le fer doit être particulièrement pur. Il peut être modifié par adjonction de faibles proportions de carbone (entre autres), ou par divers traitements thermiques. Au contact de l’eau ou d’acides, le fer subit une importante corrosion. C’est pour cette raison qu’il subsiste peu d’objets anciens façonnés en fer, alors qu’on en retrouve une grande quantité en or, en argent ou en cuivre.

Le minerai était concassé, fondu dans un four ou un fourneau muni de soufflets, puis martelé et refondu avant d’être éventuellement allié à un autre métal, comme le cuivre et l’étain pour produire du bronze.

Pour être transformé en un objet usuel, le fer est soumis à différents traitements destinés à modifier sa nature, sa structure, et sa forme. Les différentes phases sont : la chaude (atteinte du degrés de chaleur nécessaire à la malléabilité); le martelage (mise en forme sur l’enclume), la trempe ( refroidissement brusque entraînant le durcissement du matériau).


Le fer dans les Vosges du Nord

Dans les Vosges du nord, un filon très important traverse les grès du Trias, sous la forme d’une grande faille minéralisée. Située à la jonction entre le grès des Vosges et le muschelkalk, le gisement peut être suivi depuis Windstein, jusqu’au-delà de la frontière allemande vers le nord-est. Un filon plus modeste est présent dans la vallée de Petersbach.

Principaux gisements et gîtes de minéraux exploités

Le minerai était présent sous plusieurs formes :

  • En filons souterrains (Mietesheim était le site le plus productif).
  • En amas de contact (Lampertsloch)Selon les cas, l’exploitation se faisait par puits et galerie, ou sur des « mines plates », à ciel ouvert.

Principales implantations des industries liées au fer

La zone d’implantation la plus importante se trouve à proximité du filon du nord-est, particulièrement riche. Les entreprises De Dietrich se sont implantées du Jaegerthal à Mertzwiller, jusqu’à Zinswiller. Les hauts Fournaux de Mouterhouse et Baerenthal utilisent l’exploitation de filons situés plus à l’ouest. Des industries liées au raffinage de l’acier de forge se sont également installées dans la région de Saverne



Les éléments de ferronnerie

Evolution et mise en œuvre

L’acquisition de la métallurgie du fer est une étape importante dans l’histoire des sociétés, notamment par son retentissement sur les techniques agricoles et militaires et son rôle dans la mise en place des pouvoirs. L’âge du fer prend naissance aux alentours de 1500 av. J.-C. dans le Caucase. Il débute en Europe centrale en 700 av. J.-C. A cette époque il est difficile de parler déjà de métiers relatifs aux métaux et de différencier les forgerons, les fondeurs, les ferronniers ou les métallurgistes.
L’évolution de la fabrication du fer a été très lente et longtemps l’usage de ce métal demeure restreint.
A partir de l’époque romaine, les objets les plus usuels sont utilisés dans tous les domaines et de plus en plus dans la construction. C’est ainsi qu’apparaissent des grilles de défense, des clous pour renforcer les portes en bois, des herses pour protéger les maisons fortifiées, puis les châteaux et aussi des fers pour renforcer les sabots des chevaux.
Au cours du XVIIe siècle, en milieu rural agricole, un grand nombre d’éléments étaient en bois : les outils agricoles, les poignées et loquets de portes, les barres de fermetures entrant dans la maçonnerie, les éléments de rotation des portes charretières* (pièce en bois tournant en haut et en bas dans des pierres percées).
Progressivement le fer remplace le bois par des éléments de quincaillerie : les pentures à gonds métalliques, les clous en fer forgé et les grilles de défense. Les serrures se perfectionnent, les poignées de portes sont pensées par rapport à l’ergonomie du geste.
Avec le XIXe siècle les éléments en fer forgé deviennent des objets d’art (marquises, balustrades, garde-corps) ils ne répondent plus à la seule nécessité, mais relèvent souvent d’une pratique liée à un « style ».

Ferronnerie

La ferronnerie désigne la fabrication de gros ouvrages en fer avec une exigence allant au-delà de la technique. Les ferronniers d’art sont des artistes qui réalisent des œuvres originales.

L’apparition des marquises en métal et verre date du XVIIIe siècle et se maintient jusqu’au XIXe. C’est une des rares modifications apportées à l’architecture traditionnelle.
Elles ont une fonction d’auvent pour protéger l’entrée de la maison tout en gardant l’apport de lumière naturelle.
C’est un élément léger, souvent de belle facture, qui permet de garder une bonne lisibilité de la façade.

Ce sont des réalisations de dessin simple, ce qui donne une légèreté et met en valeur la masse de la pierre mise en œuvres pour l’escalier.

Ce sont des éléments qui participent à la composition et l’ornementation des façades en milieu urbain. Dès le XVIIe les fers utilisés sont méplats, pour la facilité de travail et pour donner plus de légèreté à l’ouvrage.
Les motifs évoluent en fonction des périodes : aux formes arrondies du XVIIIe succèdent des dessins plus rigides de style Louis XVI.

ferronnerie_garde_corps

Les clôtures en fer présentes au niveau des maisons rurales correspondent souvent à un remplacement de clôture initialement en bois. Elles sont composées de barreaux verticaux et d’une simple bandelette horizontale.
Ce qui donne une impression de légèreté. Les grilles ouvrantes sont des éléments d’ouvrage d’art conçus pour des propriétés bourgeoises (maisons de maîtres, châteaux, édifices publics).

Utilisées pour clore les ouvertures et éviter les intrusions. Au Moyen Age, on utilise des fers ronds ou carrés avec des trous renforcés dans lesquels un autre fer passe, le tout formant un quadrillage inviolable.
A l’époque classique, les grilles sont en fers carrés assemblés sur des traverses horizontales scellées dans la maçonnerie. Les fers se présentent souvent sur la tranche.

Les premiers jardins d’hiver sont privés et le plus souvent accolés à la maison d’habitation. Ce sont des lieux de réception, un prolongement du salon en quelque sorte, où l’on converse, lit, où l’on admire les plantes.
L’hiver, les jardins d’hiver sont à peine tiédis par les rayons du soleil dans la journée, ils doivent être chauffés la nuit.

Quincaillerie

ferronnerie_quincaillerie

Serrurerie


Aujourd’hui

Au XXe siècle, le fer connaît un renouveau spectaculaire et devient l’élément essentiel de la construction des édifices. Les ferronniers mettent en œuvre de nouveaux procédés industriels, créant des œuvres techniques éblouissantes.
Le fer est couramment employé par les sculpteurs abstraits et figuratifs : César, Calder sont des exemples connus d’auteurs d’oeuvres en fer. Gaudi, à Barcelone, avec ses célèbres maisons Guëll et Mila, Gropius, en Allemagne avec le Bauhaus, Tiffany aux États-Unis, emploient avec bonheur le fer forgé dans leurs bâtiments, leurs décorations intérieures, leurs meubles, luminaires et objets divers.
La fabrication à l’unité est remplacée par la création de modèles réalisés en série en prenant en compte les calculs de résistance des matériaux et la statique.
Aujourd’hui, le fer est utilisé pour les grandes constructions industrielles (charpentes métalliques, et bardages type bac acier) et dans l’architecture domestique : garde-corps, vérandas, grilles, portails et ferronnerie d’art…

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