Réorganiser l’aménagement intérieur

Le projet d’aménagement intérieur doit prendre en compte l’ensemble des habitudes de vie et de confort des futurs occupants.

S’approprier, adapter, habiter

L’organisation du logement est le reflet de ses habitants. Leur structure familiale, leur activité économique, leur position sociale, leurs habitudes de vie, leur relation à leur environnement (jardin, village, voisins…) Le projet d’aménagement intérieur doit prendre en compte l’ensemble des habitudes de vie et de confort des futurs occupants.
Les transformations seront nécessaires, mais devront être précédées d’un diagnostic technique complet : identification des éléments patrimoniaux à préserver, relevé précis du bâti, repérage des éléments porteurs et du fonctionnement structurel, repérage des points sensibles (désordres existants à traiter, désordres potentiels à prévenir)

Des adaptations nécessaires

Aujourd’hui, la plupart du temps, la maison abrite une seule génération : couple et enfants. Leurs nouveaux besoins sont parfois difficilement compatibles avec l’organisation traditionnelle du logis et nécessitent des adaptations…
L’augmentation des surfaces : les surfaces nécessaires à l’organisation de nos logements actuels dépassent
souvent la surface disponible dans les anciens logis. D’où l’aménagement des combles et / ou des dépendances.
L’évolution des besoins liés aux nouveaux modes de vie, entraîne une redistribution des espaces : la plupart
du temps les pièces de vie trouvent leur place au rez-de-chaussée, tandis que les chambres et salles de bains
s’installent dans les combles.

Shéma d'organisation d'origine et possibilités d'aménagement

Ces questions vous permettront de définir un programme modulable et évolutif, rassemblant vos attentes personnelles.

  • Dans quelles pièces passeriez-vous le plus de temps ? La cuisine, le séjour ou le bureau ?
  • Avez-vous besoin d’un espace de réception pour un grand nombre de personnes : occasionnellement, souvent ?
  • Avez-vous besoin d’un espace d’accueil séparé ou préférez-vous entrer directement dans la pièce à vivre ?
  • Avez-vous besoins de pièces supplémentaires, chambre, bureau ou atelier ?
  • Aimez-vous les espaces largement ouverts vers l’extérieur ou préférez-vous les espaces plus intimes, à la lumière tamisée ?
  • Utiliseriez-vous beaucoup les espaces extérieurs ? Pour vos loisirs : terrasse, jeux d’enfants ? De façon utilitaire : potager ou verger ?

Et pour plus tard …

  • Avez-vous un attachement particulier à la maison ou êtes-vous prêt à la revendre un jour ?
  • Que ferez-vous des chambres de vos enfants une fois qu’ils seront grand ?

Nouvelles exigences liées au confort

La notion de confort a évolué, et cette évolution induit des modifications des espaces, et des équipements :

  • La lumière naturelle, associée à de larges vues vers l’extérieur, est devenue indispensable à la qualité de vie. Selon les cas, on ouvre les remplissages des colombages, on trouve des apports de lumière zénithale, on vitre les portes de grange. On peut également être amené à créer de nouveaux percements, auxquels il faudra porter la plus grande attention dans leur réalisation.
  • La notion d’intimité a pris une importance cruciale. Chaque occupant de la maison peut s’approprier un espace personnalisable, dans lequel il a la possibilité de s’isoler.
  • L’amélioration thermique : elle passe avant tout par la pose d’isolants thermiques rapportés sur les murs et dans les combles. Ils permettent de réduire les dépenses d’énergie. Les systèmes de chauffage central se développent. Là où un seul point de chauffe, dans la stub, suffisait, il faudrait aujourd’hui une température agréable et homogène dans tous les volumes habités. Les planchers des rez-de-chaussée sont remplacés par des dalles intégrant des planchers chauffants. Chaudières et corps de chauffe doivent trouver leur place.
  • Les pièces dédiées à l’hygiène corporelle se multiplient. Les arrivées et évacuations d’eau doivent trouver un passage. Les appareils sanitaires trouvent leur place dans des espaces aux dimensions confortables.
  • Une attention particulière est portée à la qualité de l’air ambiant. Le premier traitement se fait par l’utilisation de ventilations qui permettent de renouveler l’air des pièces habitées, et d’empêcher l’accumulation d’humidité, et de produits nocifs. De plus en plus, l’attention se porte également sur la qualité des matériaux mis en œuvre, et notamment sur leur teneur en COV.

Les espaces se multiplient et se spécialisent, les réseaux et locaux techniques doivent trouver leur place. La lumière, la chaleur, la notion d’ambiance et de santé sont pris en compte et sont adaptables en fonction des occupants.

Modifier l’aménagement d’un rez-de-chaussée

Une solution consiste, par exemple, à installer l’escalier à l’emplacement de l’ancienne cuisine. Ainsi, il estau centre de la maison, en face de l’entrée, sur la façade la moins bien exposée, et souvent située sur la limite parcellaire. Il trouve une place centrale, dans un endroit difficilement exploitable pour un autre usage.

Desservir les pièces depuis un espace de circulation :

tout le rez-de-chaussée peut être ouvert, et peut abriter, dans un seul volume, l’ensemble des pièces à vivre. Cette solution permet de n’avoir qu’un point de chauffe, poêle à bois, pour l’ensemble.

Si vous voulez séparer les pièces :

l’agrandissement de l’espace consacré à l’entrée et à l’escalier permet, en général, d’ouvrir des portes vers les pièces situées sur la façade arrière. Parfois, des circulations doivent être aménagées en complément.


Créer une ambiance intérieure

Le choix des matériaux de finition, de leur couleur, du mobilier et des tentures, est déterminant dans le ressenti, et la qualité de l’ambiance intérieure.

Des matériaux traditionnels :

Bois, enduits à la chaux inscriront l’aménagement dans une continuité par rapport à son histoire, tout en respectant le comportement hygrométrique* des supports, et en les préservant.

L’emploi de matériaux contemporains :

Métal, verre ou composite… donnent un aspect plus moderne à un intérieur. Ils contrastent avec les matériaux de construction d’origine et permettent de distinguer une nouvelle appropriation de l’espace. Dans tous les cas, il convient de s’assurer que les matériaux mis en place sont compatibles avec les supports existants, notamment du point de vue de la régulation hygrométrique*.

Le rapport intérieur / extérieur

Le rapport entre l’intérieur et l’extérieur devient primordial dans notre mode de vie actuel, que ce soit au niveau de la qualité d’éclairage des pièces ou de l’usage des espaces extérieurs. Le jardin fait partie intégrante de la maison. Il existe plusieurs types de dialogue entre les espaces intérieurs et extérieurs :

Continuité spatiale :

Prolongement des pièces de l’intérieur vers l’extérieur grâce à une terrasse, à la continuité d’un mur… Les volumes intérieurs paraissent alors plus grands.

Continuité visuelle :

Le cadrage de la vue permet de donner une ambiance particulière. Il est donc essentiel de prendre en considération l’environnement paysager de la maison lors du réaménagement des espaces.

L’ouverture sur un espace extérieur :

La présence du soubassement empêche l’accès direct à la cour ou au jardin. Une solution peut être d’aménager une terrasse rehaussée, en construction légère (bois), suffisamment grande pour pouvoir s’y installer avec une table et quelques chaises et qui soit une transition avec le niveau extérieur.


L’amélioration du confort thermique, les matériaux de finition, eux aussi, ont évolué avec le temps :

isolation thermique en polystyrène, peintures étanches, revêtement en lino… Ces matériaux, couramment utilisés après la Seconde Guerre mondiale ont créé des désordres auxquels les rénovateurs d’aujourd’hui doivent souvent remédier :

  • apparition de condensation* et de moisissures dans les angles des pièces de vie et dans les pièces humides,
  • revêtements muraux qui cloquent et se décollent,
  • pourrissement des têtes de poutre et de solives*,
  • pourrissement, voire effondrement des planchers.

Ces pathologies sont liées à la fois :

  • à l’évolution des usages : augmentation de la température intérieure et augmentation de la teneur en eau de l’air intérieur,
  • à la mise en œuvre de matériaux inadaptés.

Préconisations :

Pour remédier à ces dégradations, la première étape est d’identifier l’ensemble des revêtements existants.

Tous les revêtements inappropriés (étanches à la migration de vapeur d’eau) seront retirés et remplacés par des matériaux adaptés. Revêtements de sol, isolation, finitions des murs et des plafonds, traitement des boiseries pourront être réalisés à base de matériaux qui respectent le comportement hygrométrique* des structures (bois, enduit terre, enduit chaux, peinture microporeuse, huile de lin).

Les parois froides, qui provoquent la condensation* seront isolées avec des matériaux adaptés (isolants naturels, frein vapeur).Ces dispositions seront complétées par la mise en place d’un système de renouvellement d’air efficace (ventilation mécanique, hygroréglable ou double flux).


Créer des ouvertures dans les murs et cloisons intérieurs

Pour créer une ouverture, supprimer, ou déplacer un mur intérieur, vous devez avant tout savoir s’il est porteur. Un mur porteur est un mur qui reprend les charges des planchers, ou des éléments de structure des étages supérieurs.
Vous devrez donc dégager les solives du plancher pour savoir sur quels murs, ou sur quelles poutres elles reposent.
Vous devrez également repérer les murs et poteaux qui pourraient être superposés à l’étage.
Si le mur est porteur : vous devrez étayer les ouvrages avant et pendant la création de l’ouverture et poser un linteau dont les dimensions seront prévues de façon à reprendre les charges, et à les reporter de part et d’autre de l’ouverture. Faites-vous accompagner par un professionnel pour le repérage des murs porteurs, pour la mise en place des étais et pour le dimensionnement des linteaux.

Remonter les plafonds

Pour remonter des plafonds trop bas, vous avez 3 options. Chacune doit être étudiée en fonction des possibilités offertes par la configuration particulière de la maison, sa structure, son implantation sur le terrain, sa volumétrie, la réglementation en vigueur sur la commune.

  • descendre le plancher bas : cela est indiqué lorsque vous souhaitez remplacer intégralement ce plancher. Cela vous permet d’ajuster les niveaux des différentes pièces, souvent inégaux. La volumétrie de la maison reste identique. Par contre, vous devrez reprendre l’escalier extérieur, pour l’adapter à la nouvelle hauteur, et l’ensemble des portes intérieures.
  • démonter l’ensemble du plancher haut, et à créer un nouveau plancher, fixé sur la charpente (en moisant les chevrons avec les solives). Cette option est indiquée si vous ne souhaitez pas changer la volumétrie de la maison, et si vous avez prévu des travaux de charpente plus ou moins importants. Elle suppose que la charpente soit reprise de façon à supporter la surcharge du plancher. Elle réduit la surface disponible dans les combles.
  • remonter l’ensemble de la charpente : pour cela vous devrez étayer la charpente et la faire monter grâce à des vérins, de façon à rehausser les murs périphériques et les éléments porteurs intérieurs. Pour rehausser des murs de grès, vous pouvez ajouter quelques rangs de maçonnerie. Pour rehausser des murs à pans de bois, ajoutez une structure en bois (sablières et poteaux), que vous remplirez ensuite avec des matériaux adéquats et dont les proportions se rapprochent de celles du pan de bois existant. Cette option vous permet de conserver le volume des combles. Elle modifie l’aspect extérieur de la maison et doit être réalisée avec discernement pour respecter la réglementation en vigueur et pour conserver l’harmonie des volumes et de la façade.

Dans tous les cas, dès lors que vous touchez à la structure de la maison, faites-vous accompagner par un professionnel.

Les murs périphériques

Que les murs périphériques soient à pan de bois ou en maçonnerie de grès, on est parfois tenté de les laisser apparents à l’intérieur du logement pour leurs qualités esthétiques. Ce choix est à écarter dans les deux cas :

  • Historiquement, ces murs ont toujours été enduits pour des raisons thermiques (réduire l’effet de paroi froide) 
  • D’un point de vue sanitaire (les enduits à la chaux limitaient l’apparition des moisissures et la prolifération des insectes et bactéries). L’enduit intérieur est particulière important dans le cas des pans de bois : il permet de compléter l’étanchéité à l’air des jointures entre bois et remplissages.

Aujourd’hui, l’exigence du confort et de l’économie thermique est telle, que la question ne devrait plus se poser : la pose  d’une isolation thermique adaptée est devenue indispensable.

L’amélioration du confort thermique, les matériaux de finition, eux aussi, ont évolué avec le temps : isolation thermique, en polystyrène, peintures étanches, revêtement en lino…
Ces matériaux, couramment utilisés après la Seconde Guerre mondiale ont créé des désordres auxquels les rénovateurs d’aujourd’hui doivent souvent remédier :

  • apparition de condensation et de moisissures dans les angles des pièces de vie, et dans les pièces humides,
  • revêtements muraux qui cloquent et se décollent,
  • pourrissement des têtes de poutre et de solives,
  • pourrissement, voir effondrement des planchers.

Ces pathologies sont liées à la fois :

  • à l’évolution des usages (augmentation de la température intérieure et augmentation de la teneur en eau de l’air intérieur),
  • à la mise en œuvre de matériaux inadaptés.

La mise en place d’un escalier intérieur confortable

L’escalier occupe une position centrale dans la maison, cette caractéristique est parfaite pour une distribution efficace des différentes pièces. Par contre, sa proximité avec la porte d’entrée, dans un corridor étroit, empêche souvent de réaliser un espace d’accueil confortable, et d’y installer un vestiaire.

Une solution consiste, par exemple, à ouvrir les volumes tout en conservant la disposition des espaces de circulation. Ces travaux doivent être réalisés avec l’appui d’un professionnel.

L’escalier intérieur : principes de dimensionnement

En logement individuel, la largeur minimum conseillée est de 80 cm. Il convient d’éviter les girons trop petits et les hauteurs de marches trop grandes.
Lorsque l’escalier est tournant, les marches doivent être « balancées » de façon à ce que la foulée, à 60cm du noyau, soit confortable.

Pour s’assurer que l’escalier sera praticable, on applique les dimensions de hauteur de marche et de giron qui répondent à la formule suivante : Hauteur (H) de 13 à 17 cm / Giron (G) de 28 à 36. Le rapport à retenir :  60 < 2H + G < 64.

réalisation d'un escalier à quart tourant

Assurer l’isolation phonique d’un étage à l’autre

L’isolation phonique du plancher permet de limiter les nuisances sonores d’un niveau à l’autre.

Les planchers existants, lorsque les remplissages de torchis sont encore en place, présentent des qualités d’isolation phoniques très satisfaisantes, ils n’ont pas besoin d’être retouchés de ce point de vue. Ils sont aussi un excellent régulateur de  l’hygrométrie dans l’habitation.
Si les remplissages sont trop abîmés, ou s’il s’agit du plancher des combles, qui sont souvent assez sommaires, l’aménagement va permettre d’améliorer l’isolation phonique.

Le principe est d’éviter les ponts phoniques grâce à un isolant (dense et peu épais) placé entre les solives et les lames de plancher par des panneaux de laine de bois ou de liège non cloués.

  • Soit on conserve les lames de plancher d’origine et il faut les démonter, puis les remonter sur le complexe isolant.
  • Soit on recouvre les lames de plancher existantes. Pour améliorer le dispositif, il faut ajouter, entre les solives, un matériau en vrac, qui créera un peu de masse et permettra d’amoindrir les bruits aériens.

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