Maison urbaine

L’apparition des villes correspond à l’émergence de profondes mutations techniques, économiques et sociales. Ces évolutions sont liées au développement de l’agriculture et de l’élevage qui implique une sédentarisation de groupes humains durant la période du Néolithique (en Europe 7 000 av. J.-C. à 2 500 av. J.-C).
Les villages dans lesquels se regroupent les agriculteurs grossissent et certains deviennent des villes avec le développement des activités artisanales (fabrication d’outils agricoles, de poteries en nombre, d’armes) et commerciales (achat et revente des produits de l’agriculture, les premières villes jouant le rôle de centres de redistribution de ces produits).

Du village à la ville

La naissance de la cité

La ville se caractérise par plusieurs éléments :

  • La délimitation de la surface bâtie par un fossé, un palissage ou un mur d’enceinte. Cette limite est symbolique et a un rôle de protection et de défense.
  • Une fonction sociale avec le rassemblement dans une même enceinte d’hommes et de femmes de clans et de familles différentes, de métiers et de mœurs variés.
  • L’aménagement d’espaces publics bordés par des bâtiments imposants : église, hôtel de ville, tribunal, halle, couvent…
  • La construction de greniers collectifs nécessaires au stockage des denrées alimentaires et au développement des activités artisanales
  • L’implantation sur une superficie importante et par une population conséquente et surtout sédentaire.

De la cité médiévale à nos jours

Souvent prolongement ou réactivation d’une ville antique préexistante, les villes au Moyen Âge ont connu un essor important.

La ville se différencie de la campagne par ses murailles, élargies à plusieurs reprises en fonction du développement urbain.

La ville fortifiée (le bourg) devient trop étroite, on construit alors hors des murs, des faubourgs (littéralement « faux bourgs ») protégés par de nouvelles enceintes suivant une évolution radio-concentrique.
Le commerce et les activités économiques marquent le paysage urbain. En effet, les villes médiévales se caractérisent par des rues étroites et encombrées, sans système de tout-à-l’égout…


Les révolutions culturelles et politiques :

  • La Renaissance, le protestantisme, la Révolution de 1789, le développement du commerce et l’essor de l’industrie entrainent l’éclatement de la cité médiévale sous la poussée de la ville marchande. La ville médiévale devint inadaptée aux nouvelles fonctions qu’on exigeait d’elle. Il devint alors nécessaire de concevoir un nouveau système urbain répondant aux bouleversements apportés par la machine, l’usine, le commerce intensif, la désertion des campagnes. C’est l’utilisation du sol, l’habitat, l’hygiène, la circulation qui retiennent toute l’attention.
  • Après la Seconde Guerre mondiale, les grands travaux de reconstruction des villes et l’urgence du logement entraînèrent d’abord la rénovation des quartiers et des centres urbains anciens. A partir des années 60, la ville s’affranchit de ses limites et chaque quartier se spécialise : lotissements, logements collectifs, espaces de loisirs, zones industrielles, zones tertiaires…
  • A partir des années 90, avec la prise de conscience du dysfonctionnement de l’étalement urbain (cité dortoir, réseaux encombrés, éloignement des services publics, augmentation des coûts de fonctionnement et d’entretien, consommation de l’espace agricole…) une réflexion est menée pour réinvestir le centre-ville.

L’évolution de la cité

La ville multifonctionnelle est organisée selon une structure urbaine qui comprend un réseau de voiries autour duquel s’organisent des vides (places publiques, jardins) et des pleins (bâti). Cette structure est variable en fonction de l’époque de construction.

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Organisation spatiale de la ville médiévale

La ville médiévale est constituée d’îlots entourés de rues. Ils comprennent des bandes de parcelles et de bâtiments aux typologies semblables, avec certaines variations dans les détails.

L’intérieur des îlots est souvent marqué par la présence d’ateliers, travail et habitat sont imbriqués. Une porte cochère donne accès à la cour. Le tissu urbain constitué de rues, ruelles et places sert aux liaisons, à la vie sociale et au commerce.

Chaque bâtiment a sa façade principale tournée vers la rue. L’intérieur peut être libre, partiellement ou entièrement bâti (jardin, cour, bâtiment annexe).


La maison urbaine dans la ville médiévale

La maison regroupant l’artisan et le marchand, constitue alors l’unité de base de la ville.

Elle s’ouvre sur l’espace public (avec ses ruelles, rues et places) par sa façade principale. Elle se referme sur la sphère privée, du côté intérieur, caractérisé par des cours et des jardins à peine visibles, qui peuvent même parfois être complètement bâtis dans des villes très denses.

Une maison urbaine type

Maison d’écoutète, puis de receveur, datant du XVIe siècle

La date de construction est antérieure à 1581. Cette année-là, la maison est la propriété d’un ancien écoutète de Bouxwiller et lle est achetée pour en faire le logement de fonction du receveur ecclésiastique. Elle est remaniée en 1584. Le corps de passage est daté de 1598 sur la porte cochère. Une partie des élévations a été remaniée au XVIIIe siècle. La maison a servi un temps comme deuxième presbytère. Du XIXe siècle, de nombreuses cartes postales nous la montrent entièrement crépie. Au XXe siècle, elle a abrité une boulangerie.

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Implantation sur la parcelle

Dans la ville historique dense, les maisons s’élèvent directement au bord de la rue pour économiser la surface au sol. La limite de parcelle se confond avec l’alignement du bâtiment.
Grâce à sa liaison directe avec le réseau viaire, le bâti peut en principe assurer toutes les fonctions.
Le rez-de-chaussée se prête bien aux activités liées à l’habitat comme le commerce, la restauration, ou l’artisanat. Ces dernières peuvent aussi se développer en profondeur dans la parcelle sous forme d’extensions ou de locaux annexes en fond de terrain.

La partie publique, côté rue, se différencie de la partie privée à l’arrière (cour commune) par ses fonctions et son traitement architectural.

Organisation intérieure

Rez-de-chaussée
étages
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La façade et les matériaux

La façade sur rue est soumise à des exigences réglementaires et esthétiques, alors que la façade arrière est davantage sujette à des modifications et appropriations individuelles.

Façade sur rue

Elle présente une qualité plastique supérieure. Les matériaux nobles sont privilégiés, la composition des façades fait l’objet d’une attention particulière : décoration très étudiée, modénature horizontale et verticale, proportions et ornements sélectionnés.

La façade arrière

Moins visible ou moins accessible, répond à des impératifs plus pratiques. La position et les dimensions des ouvertures répondent aux exigences des pièces sanitaires et annexes (pièce d’eau, cuisine, cellier).

Boutique / Vitrine

A la campagne, la boutique ne peut exister que dans les bourgs.

La boutique du Moyen Age comporte sur rue une porte à un vantail. A côté, une baie, faisant office de vitrine ouverte, est fermée le soir par des volets de bois.

Parfois, cette fermeture comporte une partie qui, se relevant vers le haut, forme auvent, pendant que l’autre, en se rabaissant, constitue une sorte de comptoir sur lequel on dispose la marchandise.

Les commerçants, pour attirer la clientèle, ont recours à des enseignes en fer peint placées perpendiculairement à la façade pour être vues de loin.

Vers la fin du XVIIIe elles sont interdites par mesure de sécurité et remplacées par des enseignes scellées dans la maçonnerie au-dessus de la vitrine.

Ce procédé, rapporté sur la façade, s’est généralisé et perfectionné pour aboutir à la véritable devanture : cadre qui fait saillie sur la maçonnerie qui habille l’ensemble la boutique.

La vitrine à travers les époques


Des variantes sur le territoire

En fonction des villes, des quartiers et des époques, les caractéristiques de la maison urbaine restent les mêmes, mais les styles évoluent. Les niveaux se répartissent généralement entre commerce (au rez-de-chaussée), logements et espaces de service (dans les combles). Les logements les plus nobles se trouvent au premier étage, les étages supérieurs comprennent des logements plus modestes.
Du moyen âge au XIXe siècle, les étages deviennent plus hauts, plus spacieux. Les techniques de construction évoluent : du pan de bois, à la maçonnerie de grès ou de brique. Les décors deviennent plus riches : encadrements de fenêtre, appareillages d’angle, corniches, bas-reliefs…

Wissembourg

La ville de Wissembourg s’est établie au XIIe siècle, autour de l’abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul sur une île de la Lauter et devient membre de la Décapole en 1354. La ville a connu une série de démolitions et de reconstructions au cours des conflits des XIXe et XXe siècles. Elle présente un bâti très riche, qui illustre un large champ historique.

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Phalsbourg

La ville a été créée de toute pièce au XVIe siècle, par le comte palatin Georges-Jean de Veldenz, pour y loger les réformés. Elle est bâtie sur un plan de ville nouvelle fortifiée, organisée à l’intérieur de ses remparts, autour d’une place d’arme mettant en valeur les bâtiments représentatifs des pouvoirs politiques, militaires et religieux. Sur la place centrale, les rez-de-chaussée sont occupés par des commerces. Dans les rues secondaires, la plupart des bâtiments sont destinés aux logements.

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Bouxwiller

La première implantation constatée à Bouxwiller remonte à l’époque romaine. Ville fortifiée, elle possède un riche patrimoine bâti, dont beaucoup de constructions datant encore du XVIe siècle.

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